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Où va le climat ? Réponses confuses à une question majeure

8 mars 2018

Encore un documentaire sur l’écologie pour rien. N’attendez pas de Où va le climat ? de Claire Lecoeuvre, paru aux éditions du Ricochet (12 €) qu’il clarifie un sujet particulièrement complexe, ni qu’il donne aux jeunes une palette de pistes pour agir.

Jolie maquette, illustrations bien troussées, sommaire alléchant, ce livre fait bonne impression au premier abord. Mais on déchante vite à la lecture. L’écriture est souvent maladroite et manque de fluidité. Les sujets sont abordés de manière confuse, sans mettre l’accent sur les points importants, ou pire, sans même les mentionner.

Ainsi, quand elle aborde l’agriculture désignée à juste titre comme un des responsables majeurs du réchauffement, l’auteure ne mentionne que des solutions relativement secondaires en oubliant de rappeler l’impact démesuré de l’élevage et le bénéfice qu’il y aurait à réduire la consommation de viande et de produits animaux. Elle aborde par ailleurs les rots (sic) de vache pleins de méthane, mais là encore en se limitant à des solutions techniques (introduire du lin dans leur alimentation) sans mettre en avant le potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’une alimentation moins carnée.

N’attendez pas de ce livre qu’il clarifie le sujet, car l’auteure ne le maîtrise visiblement pas, et ce malgré la collaboration revendiquée de 10 chercheurs, dont on se de demande bien ce qu’ils sont venus faire dans cette galère. A-t-elle seulement tenu compte de leurs remarques, ne serait-ce que pour éliminer les nombreuses erreurs ou imprécisions qu’ils n’ont pas pu ne pas relever ? Non, le colza n’est pas un aliment pour bétail. Non, la neutralité carbone ne consiste pas à n’émettre que la quantité de carbone que les milieux naturels peuvent absorber.

N’attendez pas non plus de ce livre qu’il mette les jeunes auxquels ils s’adressent en action. Le chapitre final, intitulé « effet action », est trop sommaire et se résume à les appeler à une action militante. Tout le mal viendrait « d’en haut », des politiques, des entreprises, qu’il s’agirait de bousculer, comme si les citoyens et consommateurs étaient exempts de responsabilité et n’avaient pas le pouvoir d’agir dans leur vie quotidienne ! Tout se tient.
Eric Lombard